La fiche Google, c’est l’encadré qui s’affiche quand on cherche votre entreprise : horaires, téléphone, avis, photos, itinéraire. C’est tristement banal, tout le monde connaît ou presque, c’est partie intégrante de nos recherches : restaurants, prestataires, qui ne lit pas les avis Google (parfois pour se fendre la poire devant les commentaires plus que pour se renseigner, soyons honnêtes) ? Tristement banal, mais si efficace qu’il serait dommage de ne pas l’utiliser dans le cadre de son activité.

Plus sérieusement, pour un commerce ou un artisan, c’est bien souvent le premier contact avec un client, avant même son site internet ou le coup de téléphone (ce qui est logique, on trouve le numéro sur cette même fiche).

Et c’est gratuit. La création, la gestion, les photos, les réponses aux avis : Google ne facture rien de tout ça à qui que ce soit. Le seul investissement que cela demande, c’est du temps.

Alors pourquoi diable on vous la facture ?

Parce que ça marche. Et si ça marche, pourquoi s’en priver ? Sur un devis, « Création de votre fiche Google Business : 300 € » a l’air technique. Ça ne l’est pas : un formulaire, une vérification (parfois un peu d’attente côté Google), et le tour est joué. J’ai vu passer des factures bien plus salées que ça, pour ce seul formulaire. L’art du PIPO dans toute sa splendeur.

Soyons cependant justes et clairs : créer la fiche ne vaut rien financièrement en soi, mais bien la remplir est un vrai travail. Choisir les bonnes catégories, écrire une description qui donne envie, faire de vraies photos, prendre l’habitude de demander des avis. Ça, un professionnel peut le facturer sans rougir. Sur le devis, la différence entre les deux doit sauter aux yeux.

Si toutefois vous souhaitez la faire vous-même

  1. Allez sur google.com/business avec un compte Google qui vous appartient.
  2. Renseignez nom, adresse, téléphone, horaires, qui doivent être écrits exactement comme sur votre site : Google aime la cohérence.
  3. Choisissez la catégorie principale la plus précise (exemple, « plombier » plutôt que « services »).
  4. Ajoutez de vraies photos : vous, vos locaux, votre travail, plutôt que des images achetées ou issues de banques d’images. En fonction de votre segment, vos clients ne s’attendent pas à voir des photos d’art ! N’ayez crainte sur ce volet. Les jolies images peuvent arriver plus tard.
  5. Validez la vérification demandée par Google, puis prenez l’habitude de demander un avis à vos clients après chaque prestation, sans trier ceux qui vous noteront bien : Google interdit de filtrer les avis, et un profil 100 % cinq étoiles éveille de toute façon les soupçons.

La même fiche, avant et après

Pour rendre la chose concrète, voici la fiche d’un menuisier fictif, avant et après une heure de travail. Même entreprise, même gratuité : seule l’attention change.

Menuiserie Durand, fiche laissée en fricheTelle qu’on en croise tous les joursExemple fictif
  • Catégorie : « Services »

    La catégorie la plus vague du catalogue : Google ne sait pas sur quelles recherches vous montrer.

  • Photos : une seule, la devanture, prise en 2019

    Une photo unique et datée dit aux visiteurs : personne n’habite ici.

  • Horaires : non renseignés

    « C’est ouvert ? » est la question numéro un. Sans réponse, l’appel part chez le concurrent.

  • Description : vide

    Deux phrases suffisaient pour dire le métier, la zone et la spécialité.

  • Avis : deux, dont un négatif resté sans réponse

    Un avis négatif sans réponse se lit comme un aveu. Une réponse posée l’aurait neutralisé.

  • Site web : non relié

    Le champ existe, il est gratuit, et il envoie un trafic déjà convaincu.

Menuiserie Durand, une heure de travail plus tardLa même entreprise, la même gratuitéExemple fictif
  • Catégorie principale : « Menuisier », secondaires : agencement, pose de parquet

    Google sait exactement sur quelles recherches vous présenter.

  • Photos : dix-huit (réalisations, atelier, équipe), renouvelées au fil des chantiers

    La preuve par l’image, sans photographe : un téléphone récent suffit.

  • Horaires complets, jours fériés tenus à jour

    La question numéro un a sa réponse, même le lundi de Pentecôte.

  • Description : le métier, la zone, les spécialités, en langage client

    Écrite pour le client qui cherche, pas pour flatter le moteur.

  • Avis : demandés après chaque chantier, tous reçoivent une réponse

    Collecte régulière et honnête : on demande à tous, pas seulement aux contents.

  • Site web relié, téléphone cliquable

    Le chemin vers vous est direct, depuis la recherche jusqu’à l’appel.

Entre les deux : une heure de travail, zéro euro, et aucun mot que vous ne connaissiez déjà. C’est exactement le genre d’écart que certains facturent en « pack visibilité locale ». Maintenant vous savez ce qu’il recouvre.

Au fond, le plus dur n’est pas la technique mais de penser à demander les avis, régulièrement, sans se décourager. Il est rapide de se sentir désarçonné face à son premier mauvais avis, à du trolling (que Google gère assez bien normalement), ou à une absence d’avis. Ne baissez pas les bras. Faites votre travail, la suite arrivera de manière organique. Voyez cela comme le bouche-à-oreille sauce numérique.

Note : si un prestataire a déjà créé cette fiche pour vous, vérifiez depuis quel compte Google cela a été fait. Une fiche créée sur le compte du prestataire ne vous appartient pas. Le test complet est dans À qui appartient votre site ?

Payez donc le soin apporté à son remplissage, plutôt que le formulaire lui-même.

C’est un outil formidable pour votre présence en ligne, accessible à tous, gratuit, et qui fait des miracles pour votre visibilité. Utilisez-le !