Félicitations, vous venez d’obtenir votre site ! Vous l’avez payé, on vous l’a livré, ou peut-être le payez-vous encore, tous les mois. Alors maintenant, la question qui fâche : est-il vraiment à vous ?
Et la réponse, qui fâche tout autant, est souvent non. En effet, le nom de domaine est déposé au nom de l’agence, ainsi que l’hébergement. Parfois, cela va même jusqu’à la fiche Google. Finalement, vous êtes un peu le locataire de votre propre écosystème. Et le loyer, pas de secret, c’est votre prestataire qui le fixe.
C’est assez dommage, mais pas irréversible, loin s’en faut. Si vous ne savez pas dans quel cas de figure vous vous trouvez, pas de panique.
Le test gratuit et rapide, accessible à tous
Ouvrez lookup.icann.org, l’annuaire officiel des noms de domaine. La page est certes en anglais, mais si vous n’êtes pas à l’aise avec le langage de nos amis d’outre-Manche (de la perfide Albion si vous préférez ce surnom), ne paniquez pas, cela reste accessible facilement : il n’y a qu’un champ (et si vraiment vous préférez l’utiliser en français, c’est par ici). Tapez l’adresse de votre site dans ce champ, puis cherchez la ligne du titulaire (« registrant »). Votre nom s’affiche, ou celui de votre entreprise ? Bien. Vous êtes l’heureux possesseur de votre propre site. Celui de l’agence ou du prestataire s’affiche ? Moins bien. La suite vous concerne.
Le domaine n’est que la première ligne. Il y en a quatre :
- Le nom de domaine, déposé à votre nom.
- L’hébergement : le contrat et les accès sont chez vous, même si quelqu’un d’autre s’en occupe.
- La fiche Google, créée depuis un compte Google qui vous appartient.
- Les réseaux sociaux : vous connaissez les identifiants de vos propres pages.
Pourquoi ça compte
Voyez la chose sous cet angle : tant que tout va bien, aucun souci à l’horizon. Par contre, le jour où vous voulez changer de prestataire, l’heure est aux incertitudes et galères logistiques : le domaine ne suit pas, le site ne suit pas, les avis Google restent sur l’ancienne page Google. Alors, de dépit, on reste chez le prestataire dont on voulait initialement s’éloigner. Partir coûte si cher qu’on reste.
J’aimerais vous dire que c’est toujours de la négligence, mais pour certains, la dépendance du client fait partie du modèle. Et non, je ne citerai pas de noms, mais les forums consommateurs vous éclaireront sur ceux à éviter comme la peste.
Comment récupérer ce qui devrait vous appartenir depuis le début
- Demandez le transfert du nom de domaine vers un compte à votre nom. Le prestataire doit vous remettre le code de transfert (dit « auth code »).
- Demandez les accès à l’hébergement, ou une copie complète du site pour le déménager.
- Demandez à devenir propriétaire principal de la fiche Google, depuis votre compte.
- Demandez les identifiants de vos pages sur les réseaux sociaux.
Vous avez payé ce travail : ces demandes sont normales, et un prestataire sérieux y répond sans traîner ni surcoût. S’il tergiverse, facture le transfert au prix fort ou menace de tout couper, vous voilà fixé sur la suite. Condoléances.
Note : un prestataire qui gère votre domaine pour vous, à votre nom, avec les accès en votre possession, fait simplement son travail. Le problème n’est pas la délégation mais la propriété ! La distinction est importante.
Bref, vérifiez aujourd’hui plutôt que le jour du divorce avec votre prestataire, pour éviter les situations épineuses et ô combien classiques de nos jours.
Vous avez le droit de demander ces choses-là. N’hésitez jamais.